Du 1er avril au 15 juillet

La Citadelle offre un écrin idéal aux espèces « en voie d’apparition » de Mauro Corda. Le Muséum nourrit une réflexion sur l’état et la préservation de la biodiversité, ainsi que la disparition massive de certaines espèces. En écho avec l’exposition permanente du Naturalium, l’artiste invité alerte sur les choix actuels et les enjeux pour l’humanité de demain : la manipulation génétique, le rapport à la norme, la bioéthique, la responsabilité, etc.
Avec une expérience de plus de trente ans dans la sculpture animalière, Corda axe principalement son oeuvre sur le biomimétisme et le « règne animal » mis à mal par l’humain. Dans ses oeuvres hybrides, souvent monumentales, l’artiste joue sur les réunions harmonieuses de plusieurs animaux telles l’Autruche-girafe, la Girafe-cerf, le Chameau-yack, le Phacochère-antilope, etc. Ces chimères, par la noblesse de leurs matériaux (bronze blanc, bronze nickelé, aluminium…), le rendu de leur musculature ou leur posture, paraissent souvent en tension mais jamais monstrueuses. Qu’elles soient stylisées dans le style cubiste de Pablo Picasso, amputées ou emprisonnées dans des cages de perles, elles révèlent une force et une drôlerie non dénuées d’une certaine tendresse.

La Citadelle prise d’assaut

Cette Zoospective se déploie dans l’enceinte de la Citadelle invitant le visiteur à un safari d’un genre nouveau. Le parcours débute au détour du Front Saint-Étienne sous l’oeil d’un groupe de Chauves-souris suspendues à la voûte. Un Gorille-taureau installé dans le parc des vigognes indique ensuite aux visiteurs la direction à prendre. Plus haut, dans le parc des nandous de Darwin, l’Autruche-girafe trône fièrement du haut de son promontoir. Perché sur la demilune, le criquet géant semble prêt à bondir. Puis, à l’entrée, au pied de l’administration, c’est l’Ours-Morse rugissant qui fait face aux visiteurs. Le monumental Rat en aluminium, long de plus de 3 m, surveille, perfide, les passants depuis le toit enherbé de l’ancienne poudrière, entre la Chapelle SaintÉtienne et le Noctarium. Pour terminer cette expérience immersive, le Barracuda attend les visiteurs dans l’Aquarium, pris au piège derrière ses filets de perles.

Le nouveau règne animal

Le coeur de l’exposition, présentant une rétrospective de l’oeuvre animalière de Corda, se dévoile quant à lui au Hangar aux Manoeuvres. Un bestiaire fantastique de pièces hybrides, trophées, métamorphoses et furies poétiques, ponctuent un parcours conçu comme un dédale où vient se perdre le visiteur, de fausses pistes en découvertes.
Au service d’un univers onirique, Corda manie un vocabulaire plastique faisant constamment dialoguer ombre et lumière, disparition et apparition, fatalisme et espoir en l’éveil des consciences citoyennes.
Cette arche de Noé d’un genre nouveau s’enrichit de prêts de plusieurs musées français. Le catalogue diffusé à l’occasion de l’exposition revient notamment sur la filiation artistique dans laquelle s’inscrit Mauro Corda : Antoine-Louis Barye (1795-1875), François Pompon (1855-1933) ou encore Rembrandt Bugatti (1884-1916).
Le projet a reçu le soutien de Bouygues Bâtiment Nord Est.